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Sweetener - Ariana Grande

21 février 2025 par
TheSaturned


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Sorti le 17 août 2018, « Sweetener »marque un tournant décisif dans la carrière et la vie d’Ariana Grande. Plus qu’un simple album, c’est le reflet d’une âme qui a connu l’épreuve et qui a vacillé avant de retrouver sa lumière. Ce quatrième opus se distingue par une douceur et une clarté presque inattendues, contrastant avec les tempêtes qu’elle a traversées avant sa sortie. 

Après un attentat, un deuil et les bouleversements de sa vie personnelle, Ariana aurait pu sombrer pour flirter avec ces démons. Pourtant, elle choisit une autre voie : celle de la reconstruction, du pardon et de la célébration des instants de bonheur, aussi fragiles soient-ils. « Sweetener »n’est pas un cri de douleur, mais une petite main tendue vers la lumière. Avec cet album, elle ose prendre des risques, brisant les codes de la pop classique en se dévoilant avec une sincérité inattendue, nous invitant à marcher à ses côtés sur ce chemin intérieur fait de blessures, d’amour, de doutes et de renaissance. 

On peut donc se demander comment Sweetener, né du chaos et de la résilience, parvient-il à nous emporter dans ce voyage intime où la souffrance se transforme en force?


Contexte


Pour comprendre « Sweetener », il faut remonter un an avant sa sortie, à une nuit qui a tout bouleversé. Le 22 mai 2017, alors qu’Ariana Grande venait de conclure un concert du Dangerous Woman Tour à la Manchester Arena, une explosion retentit. En quelques secondes, la musique et les cris de joie se sont transformés en chaos. Un attentat venait de frapper ses fans, causant la mort de 22 personnes et blessant plusieurs centaines d’autres. Ce soir-là, une partie d’elle s’est brisée. La scène, ce lieu qui lui avait toujours apporté du bonheur, était devenue un théâtre de tragédie. Dévastée, Ariana suspend immédiatement sa tournée et disparaît de la scène publique. Elle rentre chez elle, hantée par cet événement tragique. 

Mais au fond d’elle, une certitude grandit : elle ne peut pas rester silencieuse face à cette horreur. Alors, malgré la peur, malgré la douleur, elle revient. Moins de deux semaines après l’attentat, elle organise « One Love Manchester », un concert caritatif en hommage aux victimes. Ce soir-là, sur scène aux côtés d’artistes comme Coldplay, Miley Cyrus et Justin Bieber, elle chante, non pas sans larmes, mais avec une force nouvelle. Ce n’est plus juste de la musique, c’est un acte de résistance, un cri d’amour face a cet événement d’un horreur sans nom. L’événement permet de lever des fonds pour les familles touchées.

Après cela, elle disparaît de nouveau. Elle se coupe du monde, se fait rare sur les réseaux sociaux. La reconstruction est lente, silencieuse. Elle se réfugie dans la seule chose qui l’a toujours sauvée : la musique. Chaque mélodie devient une thérapie, chaque note un pas de plus vers la guérison.

Mais sa vie personnelle aussi est en train de changer. Depuis août 2016, elle partageait sa vie avec Mac Miller. Cet homme qui l’a soutenue, qui l’a portée quand elle était à terre, qui a été son roc dans ce chaos avait lui aussi des démons à combattre et des épreuves à dépassé, une bataille contre lui même, contre ces nombreuses addictions qu’il peinait à surmonter. La dépendance, cette ombre qui le poursuivait depuis des années, finit par les séparer début 2018 malgré tout l’amour qu’il y avait entre les deux tourtereaux. 

Ariana a tout essayé, elle s’est battue à ses côtés malheureusement cela n’a pas suffit. Peu après, elle rencontre Pete Davidson. L’histoire est fulgurante, presque irréelle. En quelques semaines, ils s’aiment, ils rient, ils se fiancent, parlent d’avoir des enfants, Pour Ariana, Pete est un souffle d’air après l’orage, une échappatoire à la douleur. Une façon de se prouver qu’elle peut encore être heureuse, qu’elle peut encore aimer.

Entre le deuil, la reconstruction et cette nouvelle histoire passionnée, « Sweetener » prend forme. L’album devient le reflet de ce chaos, de ces blessures, mais aussi de cette lumière retrouvée. Il parle de la douleur, oui, mais surtout de la façon dont on apprend à vivre avec.


Un comeback remarquable

En avril 2018, après des mois de silence et de reconstruction, Ariana Grande revient sous les projecteurs avec « No Tears Left to Cry ». Ce n’est pas juste une chanson, c’est un message. Un souffle d’espoir après la tempête, un symbole de renaissance. Quand les premières notes résonnent, tout semble figé dans la mélancolie. La voix d’Ariana, douce et fragile, plane sur une mélodie spectrale. Puis, soudainement, la chanson bascule. Le tempo s’accélère, une énergie inattendue apparaît. Ce n’est plus une simple ballade mais une célébration. « No Tears Left to Cry » est un hymne à la résilience, une promesse faite à elle-même et à ceux qui ont souffert avec elle.

Le clip, réalisé par Dave Meyers, traduit cette idée de transformation. Ariana évolue dans un monde où les lois de la gravité n’existent plus. Elle marche sur les murs, danse au plafond, se déplace dans un décor en perpétuel mouvement. Tout est inversé, comme si la réalité elle-même était en train de changer. Ce jeu d’illusions d’optique illustre parfaitement son état d’esprit après un bouleversement aussi grand et délivre un message : il faut réapprendre à voir le monde autrement, à s’y réadapter.

« No Tears Left to Cry » n’est donc pas une simple chanson de retour, c’est une déclaration. Ariana Grande ne veut pas oublier ce qui s’est passé, mais elle refuse de rester prisonnière du passé. Elle choisit d’aller de l’avant, avec une énergie nouvelle. Ce retour musical, est encore aujourd’hui le plus grand come-back de l’histoire de l’industrie musicale.


God is a woman

En juillet 2018, Ariana Grande dévoile « God Is a Woman », le deuxième single de Sweetener. Cette chanson n’est pas juste un morceau pop, c’est une déclaration, un manifeste. C’est l’affirmation d’une féminité puissante, magnétique, inébranlable. Ce titre, qui avait été proposé à plusieurs artistes avant elle, est finalement arrivé entre les mains d’Ariana, qui en a fait l’un des singles les plus marquants de sa carrière.

Mais c’est dans le clip, réalisé une nouvelle fois par Dave Meyers, que l’univers de « God Is a Woman » prend tout son sens. Ce n’est pas une simple vidéo musicale, c’est une œuvre d’art en mouvement. Ariana y apparaît sous différentes formes, tour à tour déesse, muse et guerrière. Elle évolue dans des tableaux religieux, mythiques et dans des références à la mythologie. Elle ne supplie pas, elle ne demande pas : elle affirme. Dans ce monde qu’elle façonne à travers la musique, la femme est divine, créatrice, souveraine de son propre désir.

Dans l’une des scènes les plus marquantes, elle recrée « La Création d’Adam » de Michel-Ange, mais avec un changement fondamental : ici, c’est elle qui est au centre, c’est elle qui détient le pouvoir de création. Un geste symbolique fort, qui renverse des siècles de représentations où la divinité était exclusivement masculine. On la voit aussi plongée dans un océan de peinture mouvante, comme une force primordiale en train de donner naissance au monde. Puis, elle apparaît gigantesque, dominant un paysage où des hommes crient vers elle, impuissants face à sa grandeur. L’image est saisissante : elle ne s’excuse pas d’exister, elle ne cherche pas à plaire, elle impose. Malheureusement, beaucoup n’ont pas saisi les subtilités de ce clip et ont accusé Ariana de blasphème.

Mais le message de « God Is a Woman » reste clair : la force féminine n’a pas besoin de permission pour exister. Elle est là, belle, puissante, insoumise. Et Ariana Grande, à travers cette chanson, ne fait que rappeler au monde ce que beaucoup ont trop longtemps ignoré.


Un album thérapie

« Sweetener » n’est pas un album comme les autres. Ce n’est pas juste des musique qui se suivent les unes les autres c’est une traversée, un voyage intérieur. Ariana Grande ne s’est pas contentée de faire de la musique, elle a construit un refuge, un endroit où la douleur, l’amour et l’espoir coexistent en parfaite harmonie.

L’intro de l’album : « Raindrops (an angel cried) », est une reprise d’un titre oublié des années 1960, « An Angel Cried » interprété à l’origine par le groupe The Four Season. La musique s’ouvre sur un silence presque sacré, Il n’y a aucun instrumental, seulement elle, seule face à l’écho de sa douleur. “When raindrops fell down from the sky, the day you left me, an angel cried”. Ces mots résonnent comme une prière, un instant figé dans le temps. Mais ce choix n’est pas anodin pour Ariana. Son grand-père, Frank Grande, était un grand admirateur de ce groupe et lui avait fait découvrir leur musique lorsqu’elle était enfant.

Une fois plongé dans l’album, il nous raconte la façon dont on se reconstruit après une épreuve, comment on apprend à respirer de nouveau après avoir été submergé. Il y a d’abord cette quête de guérison, cette envie de transformer la souffrance en force. Comme dans « No Tears Left to Cry » vu précédemment. Puis il y a « Get Well Soon », un morceau qui clôt l’album comme une étreinte, un souffle rassurant qui nous rappelle qu’il faut prendre soin de soi, qu’on n’est jamais seul et qui se termine par un long silence, comme un moment de recueillement.

Mais « Sweetener » n’est pas un album uniquement marqué par le deuil et la résilience. Il est aussi un hymne à l’amour sous toutes ses formes. Un amour passionnel, sensuel, presque mystique dans « God Is a Woman ». Un amour doux et rêveur dans « R.E.M ». Un amour spontané et insouciant dans « Pete Davidson », cette petite déclaration qui porte le nom de son amoureux de l’époque semble sortie d’un journal intime. L’amour, ici, n’est pas seulement un sentiment, c’est une force qui guérit, et qui illumine.

Et puis, au milieu de ces émotions profondes, « Sweetener » nous rappelle aussi qu’il faut parfois juste s’amuser. Ariana expérimente, joue avec les sons, ose l’inattendu. Elle explore une pop plus organique, plus libre. « The Light Is Coming », avec son refrain répétitif et son énergie saccadée, est presque déroutante. « Successful » est un moment d’autocélébration, un sourire en musique.

L’album est ainsi construit comme un équilibre fragile. Il commence dans la douleur et l’incertitude, mais il se termine dans la lumière et l’apaisement. Il nous emmène dans les méandres de l’âme d’Ariana, mais il nous laisse avec un sentiment réconfortant. Et « Sweetener » est précisément cela : une douceur après l’amertume, un éclat de lumière après la nuit.


Direction artistique

« Sweetener » n’est pas juste un album, c’est un tournant artistique pour Ariana Grande. Musicalement, elle prend des risques en mélangeant pop, trap, R&B et électro. Avec Pharrell Williams à la production, elle expérimente des sonorités surprenantes, notamment sur « Blazed » et « Borderline », avec des choix audacieux qui ont divisé le public.

Visuellement, l’ère « Sweetener » est marquée par des teintes douces et lumineuses avec un beige presque pur, contrastant avec les épreuves sombres qu’elle a traversées. Sur la pochette, Ariana apparaît à l’envers, symbolisant un renversement de perspective et une résilience face à son passé. Ses clips et ses performances live poursuivent cette esthétique, jouant sur les illusions d’optique pour rappeler que la réalité peut être réinventée. Avec « Sweetener », Ariana ne se contente pas de faire de la musique : elle raconte une histoire de renaissance et de force intérieure.


Critiques

« Sweetener » a été largement salué par la critique pour son audace et son message d’espoir. Beaucoup ont applaudi l’évolution artistique d’Ariana Grande, qui ose sortir de sa zone de confort en prenant des risques musicaux. La sincérité de ses paroles, profondément liées à son vécu personnel, a touché un large public. La production de Pharrell Williams a également été remarquée pour avoir insufflé une énergie nouvelle et originale à son univers musical.

Cependant, l’album n’a pas fait l’unanimité. Certains critiques et fans ont trouvé « Sweetener » inégal, notamment à cause des choix expérimentaux qui ne plaisent pas à tout le monde. Des titres comme Borderline ont parfois été perçus comme moins marquants, voire anecdotiques. Malgré ces réserves, l’audace de l’album a marqué un tournant dans la carrière d’Ariana, confirmant son statut d’artiste en constante évolution.


Conclusion

« Sweetener » est bien plus qu’un simple album pour Ariana Grande ; c’est une véritable thérapie. Il incarne sa renaissance après une période sombre, portée par des sonorités lumineuses et des paroles sincères. C’est un tournant artistique pour elle, qui s’éloigne du format pop habituel. Bien qu’il ne soit pas son album le plus accessible, Sweetener est l’un des plus personnels et puissants, révélant qu’Ariana est bien plus qu’une popstar. Elle devient une artiste capable de transformer la douleur en art et d’inspirer un message de force et d’espoir.

Cet album résonne en moi comme un bien-être retrouvé, une page tournée, une nouvelle ère qui s’ouvre. Ariana, actrice de son propre changement, y aborde des thèmes comme l’anxiété, nous faisant voyager dans son âme, à travers des chemins parfois tumultueux, mais toujours portés par l’espoir et l’amour. Elle ne se laisse pas écraser par la vie et ses coups durs, mais les transforme en force à travers des productions innovantes et des paroles d’une grande sincérité. Pourtant, malgré cette résilience, le chemin reste incertain. 

Des événements imprévus et bouleversants viendront bientôt troubler sa paix retrouvée, remettant en question sa vie, sa carrière et son bien-être personnel.…

Thank U, Next - Ariana Grande